Paroles et écrits 

Le vendredi soir, l’atelier poésie se réunit autour de Bernd et du poème qu’il a choisi. Le poème est lu, expliqué, commenté,  puis relu à voix haute,  souvent par la classe entière d’une seule voix qui résonne dans Claver.  De temps en temps, Bernd propose à ses élèves d’écrire eux-mêmes, en sa compagnie, quelques lignes dans le sillon ouvert par le poème du jour.

 

Est -ce le son

dans le brouillard

presqu’imperceptible

entre les bouleaux ?

* *

un cygne dans le brouillard

ou peut -être

le brouillard autour d’un cygne

* *

l’amour me rend fou dans le désert

c’est pourquoi je monte dans la montagne

* *

doucement doucement

la danse des ciseaux

me rend jalouse

(Saba)

* *

quand mes pieds ont touché ce fond la première fois

j’étais comme un enfant gourmand

respirais tout ce que je pouvais respirer

sentais tout ce que je pouvais sentir

France

comme un amoureux

j’étais fondue dans ses yeux

mais après la pluie

j’étais comme une vieille aveugle

les yeux d’amoureux soudain ont perdu

je me suis perdue moi-même aussi

où est mon rêve ?

mais

je sais que mon rêve est dans mon cœur

les nuages ne peuvent pas recouvrir le soleil

moi ! moi !

bien que je sois comme un oiseau à l’aile cassée

mais ! mais !

je me relève certainement avec mes souvenirs

(Ayiguli)

* *

Dans le métro je suis assise à côté de quelqu’un

fatiguée et un peu triste

il m’a passé ses écouteurs

on a écouté de la musique pendant le trajet

je lui ai dit merci et suis partie

heureuse

(Diala)

* *

Paris

Une réalité à laquelle je me suis réveillée

Après de longs rêves merveilleux

(Magi)

* *

Ah ! Paris !

comment de toi parler

par le cœur ou par la tête t’aimer

si j’étais né ici, je t’aurais écrit des poèmes

et si tu me donnes de la vie de nouveau

je te dirai merci je t’aime idem

(Mohamed)

* *

Hazem

Celui qui prend une décision et ne la change jamais jamais jamais

Mais alors si c’était une décision difficile l’on fait quoi ?

C’est une grande responsabilité, c’est un défi

Si je me trompe c’est fini, je perds

(Hazem)

* *

Zaya : mon prénom signifie le tremblement de terre

je fais trembler la terre mais je tremble de peur

quand ils prononcent mon nom je me sens fort comme le ciel rempli d’étoiles

j’aime mon nom comme la nuit aime la lune

la nuit aime la lune

la nuit aime la lune

(Zaya)

* *

nos cœurs dans les champs

rêvent à deux de rester

mais cest l’heure peut-être

qui voudrait nous faire partir

(Nouha)

* *

Je voudrais la voir seul une fois à la maison

afin que mon cœur puisse embrasser ce cœur

et ses lèvres me disent on sature

* *

tu éclaires l’espace

mon outre-ciel

(Amalie)

* *

Dans ton cœur

toujours quelque chose du soleil

plus que dire, expliquer

* *

en regardant tes yeux

je vois la nuit noire

mais dans mon cœur

existe toi, je ne sais que ça

* *

la couleur de vos peines

actualise les couleurs de l’automne

* *

un garçon joue au football

une bombe vole dans le ciel

l’un descend l’autre monte

* *

je jure de ne pas boire de vin

jamais

mais ce soir et demain soir

et les autres soirs…

* *

si la personne pour qui je l’ai perdu

mon cœur

peut devenir mon compagnon de longue vie

ce serait comme obtenir un bijou

du fond de la mer

* *

la vie est un long lavage de l’assiette

dans le bassin des esprits

* *

fête d’hiver

l’enfant a perdu

sa feuille blanche

* *

oh ! la la

ou

la la oh !

un grand style

pour un petit mot