Claver insertion

Qu’est ce que vous savez faire ? Qu’est-ce que vous voulez faire en France? Ces deux questions nous paraissent essentielles à poser à ces nouveaux résidents français. Nous les leur posons dès leur arrivée. Le temps d’attente avant de maitriser suffisamment le français ou bien d'obtenir le titre définitif de séjour, nous fournit l’occasion de préparer chacun de nos élèves, avec l'aide de professionnels de l'orientation, à ce moment clé pour son insertion.

Une fois l’autorisation de séjourner et de travailler en France obtenue par un demandeur d’asile, lequel est appelé alors « un réfugié », une autre aventure commence. D’un seul coup, les aides de l’Etat s’amenuisent – le réfugié devient un chercheur d’emploi, parfois sans logement, au même titre que des millions d’autres en France. A cette différence près qu’il n’a ni famille ni amis pour le soutenir, que ses diplômes - s’il en a - ne sont que rarement reconnus en France, et son expérience professionnelle dans son pays d’origine peu adaptée. L’Association Pierre Claver s’obstine à croire que ses élèves peuvent et doivent rechercher un mode de vie utile et agréable en France. C’est pourquoi nous passons beaucoup de temps à identifier les talents de chacun de nos élèves dans tous les domaines. Certains sont d’excellents sportifs, d’autres sont musiciens, danseurs et chanteurs, d’autres encore sont d’admirables cuisiniers. Certains maîtrisent à la perfection une langue dite « rare ». Nombreux sont ceux dont les études universitaires ont été interrompues par la guerre et qui désirent les reprendre en France pour obtenir des diplômes indispensables à la recherche d'un emploi stable et satisfaisant.

Une des caractéristiques de Pierre Claver est que l'Association tente d'accompagner chacun de ses élèves "jusqu'au bout". Ainsi, les élèves ayant atteint un niveau suffisant de français et de culture générale, peuvent - s'ils ont formé un projet professionnel réaliste, c'est-à-dire conforme à leurs compétences et à leur désir - bénéficier d'une bourse d'étude Pierre Claver. Ces bourses sont financées par les banques et les entreprises partenaires de Claver, notamment pour ce volet crucial de la formation professionnelle. En 2015 et 2016, plus de vingt de nos élèves ont pu poursuivre leurs études grâce au soutien financier d' AXA. Beaucoup d'entre eux ont rejoint le CNAM avec lequel Pierre Claver opère également dans le cadre d'une convention, mais aussi d'autres établissements d'enseignement supérieur comme l'Icam de Lille, l'Université Catholique ou Sciences Po Paris. 

L'attribution d'une bourse Pierre Claver fait partie d'un parcours d'accompagnement: chaque boursier bénéficie d'un tutorat particulier car le saut dans une vie autonome n'est pas sans embûches. Des cours de soutien, une aide dans les démarches administratives,   sont souvent nécessaires. Les boursiers gardent un pied à Claver, ils en sont aussi la figure de proue et ont pour mission de se donner en exemple aux nouveaux venus.